2013 : Un maire fait machine arrière

A Vrigne aux Bois, le Maire y croyait dur comme fer : le changement de rythmes scolaires allait pouvoir se faire dès la rentrée 2013. Il en avait même informé son conseil municipal le 4 mars dernier. Mais de nombreuses difficultés et les inquiétudes croissantes des parents  l’ont ramené à la réalité. Il a demandé la semaine dernière le report à 2014, le temps de peaufiner son plan d’action. Un exemple à méditer ? En tout cas, un exemple qui illustre bien, même si les situations sont évidemment différentes pour chaque commune, qu’il ne va pas être si facile de mettre en place les nouveaux rythmes scolaires. Télécharger l’article de l’Ardennais ici.

Publié sur L’Union

Le maire fait machine arrière pour les rythmes scolaires

Par Anonyme
Créé le 30/03/2013 12:00

«JE ne remets pas en cause le bien-fondé de la réforme mais il y a tellement d’incertitudes autour de cette loi qu’on ne peut plus y aller ». Le débit rapide de Patrick Dutertre démontre à lui seul l’immense frustration ressentie par le maire de Vrigne-aux-Bois. Cette réforme des rythmes scolaires, il la voulait. Il l’avait annoncé lors du conseil municipal du 4 mars dernier. Son équipe se sentait prête à l’assumer dès la rentrée 2013. « On avait déjà pris contact avec les associations. On ne partait pas de très loin puisque nous avons un périscolaire qui fonctionne déjà très bien. Il suffisait de l’adapter. » Seulement au cours de ces derniers jours, le premier magistrat est allé de désillusion en désillusion. Au point de décider jeudi de jeter l’éponge. Il l’a notifié dans une lettre adressée à l’inspecteur académique.
Tout le monde ou personne
Et la liste des raisons qui ont poussé Patrick Dutertre à faire machine arrière est longue. « C’est tout d’abord une question de cohérence de territoire. Vivier-au-Court et Sedan ont décidé de reporter la mise en place de la réforme. On perd une identité forte. Nos enfants auraient eu cours le mercredi matin, ils n’auraient donc plus eu accès aux activités qui ont lieu à ce moment-là. Cela occasionnait une gêne auprès des parents. Il fallait que tout le monde commence à la même date. » Le maire ne voulait pas que les écoliers vrignois se retrouvent en décalage avec les autres du secteur et encore moins au sein même de la commune. « L’inspecteur académique nous avait dit que les établissements privés étaient également obligés de mettre en place la réforme or il n’en est rien. A Vrigne, l’école Saint-Joseph avait tout d’abord décidé de nous suivre avant de se raviser ».
Autre argument de poids : l’aspect financier. « La ville était éligible à la dotation de solidarité urbaine (DSU). Nous pensions donc toucher les 50 euros d’aide par élève prévue par l’Etat et 40 euros supplémentaires au titre de la DSU. Mais j’ai appris récemment que Vrigne n’apparaît pas sur la liste des communes bénéficiaires de la solidarité urbaine. L’impact financier n’est donc plus le même. » La municipalité avait estimé à 60 000 euros le coût de la réforme. « C’est un enjeu financier important. Avec cette nouvelle, c’est plus de 15 500 euros d’aide qui s’envolent. »
Mais ce qui a prodigieusement énervé Patrick Dutertre c’est le flou qui règne autour de l’application de la réforme. « Le texte prévoit que les professeurs doivent une heure d’aide pédagogique complémentaire par semaine. L’inspecteur nous avait expliqué qu’ils prendraient un groupe de 6-8 élèves pour les aider. Mais lors du dernier conseil d’école, on nous a dit que ce n’était pas ça. Les enseignants allaient devoir prendre tous les élèves pour une activité périscolaire comme une initiation aux jeux d’échecs. On marche sur la tête ! On allait devoir mettre en place des activités périscolaires payantes et les professeurs allaient en plus devoir assurer gratuitement une autre animation. On nous dit tout et son contraire. Il y en a marre ! »
Ajouter à cela la grogne des parents d’élèves qui demandaient le report de l’application de la réforme et la coupe était pleine. « Que les gens soient inquiets, je le comprends. La réforme des rythmes scolaires va profondément bouleverser la vie des familles. » Toujours convaincu du bien-fondé de ce changement, Patrick Dutertre se donne donc du temps pour peaufiner son plan d’action. Un comité directeur sera créé prochainement pour qu’à la rentrée 2014 les 386 écoliers vrignois soient au diapason avec tous ceux du secteur.
Virginie MAECKER

Partager sur les réseaux sociaux!

    2 Comments to 2013 : Un maire fait machine arrière

    1. Gallais dit :

      je suis absolument d’accord. Il faut que notre maire donne la priorité aux bien-être de nos enfants et renoncer à l’application en 2013

    2. franck dit :

      sage décision pour le maire de vrigne! mais rimogne aura-t-il la subvention compléte ou pas? encore plus de questions à résoudre sur ce nouvel aménagement… et la question principale reste la même: qui va payer??? même si dans le fond nous connaissons déjà tous la réponse… je reste perplexe à ce nouveau rythme scolaire surtout pour les plus jeunes (maternelle) et les petits de primaire

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

    Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>